Jean-Marie Euvrard  
 

 

La Légion d'Honneur pour Jean-Marie Euvrard

Cette distinction lui a été remise le vendredi 10 avril 2015 par Yves Krattinger, président du Conseil général de la Haute-Saône, au Parc des expositions de Vesoul.

Ci-dessous, le discours prononcé à cette occasion par Yves Krattinger, parrain de Jean-Marie Euvrard.

Je veux d’abord vous remercier de m’avoir choisi pour vous recevoir aujourd’hui dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

C’est une marque de confiance, et pour moi une grande responsabilité, celle de retracer devant l’assistance ici rassemblée, un parcours exceptionnel qui commence le 19 mars 1943, dans les Vosges du sud, à Faucogney et la Mer.

Jean Marie Euvrard est l’aîné d’une famille de 6 enfants : 4 filles et 2 garçons.

Son père né en 1921, est marchand de vin à Faucogney.

Un papa, embarqué par les allemands, qui occupent notre pays, et qui réussit à se sauver en gare de Lure avec quelques complicités à la fois familiales et ferroviaires.

La grand-mère paternelle de Jean Marie Euvrard est née à Rioz où ses grands-parents tenaient la faïencerie qui brûla à la fin de la deuxième guerre mondiale - un bâtiment aujourd’hui disparu.

Le jeune Jean Marie fréquente d’abord l’école enfantine de Faucogney.

Sa maman, née à Vesoul, héritant du magasin Ragot situé en face de la Mairie, la famille migre au chef-lieu du Département.

Maman s’occupe des fleurs, papa des cristaux, je veux dire de la cristallerie.

Jean Marie fréquente les cours de l’école primaire Saint-Georges, puis, toujours à Vesoul, du collège du même nom.

Il poursuit ses études secondaires à Dijon de 1959 à 1962 au Lycée Saint-Joseph.

3ème, seconde, puis première, il devait passer, comme cela se déroulait à l’époque, le « premier bac », un « bac technique, mécanique, usinage ». Mais le « ras le bol  de l’école » existait déjà chez certains lycéens. Il contamine le jeune Jean-Marie Euvrard qui quitte volontairement le lycée.

Ses parents ne proposent alors qu’une seule alternative aux études : « il faut aller travailler !».

C’est heureusement une période de plein emploi, celle où les usines ressemblent à des fourmilières.

Jean Marie a 19 ans et entre chez Peugeot à Sochaux-Montbéliard.Il y travaille un an à la chaîne où il monte principalement les phares de la belle 404.

Suivent 16 mois de service militaire dans l’Infanterie de Marine, d’abord à Nice, à proximité d’Antibes, lieu de retraite de son grand-père, chez lequel il se rend souvent, mais « en tenue militaire », selon la volonté du patriarche, par ailleurs retraité des chemins de fer, qui lui « enseigne » la discipline, le respect, les valeurs de la République, la Nation.

Après 3 mois à Nice, il embarque pour… La Martinique, où pendant 13 mois, son régiment va construire des routes et des équipements collectifs, mettre en place des filets anti-requins, etc… c’est ce qu’on appelle un « service militaire adapté ».

Jean-Marie Euvrard s’occupe du matériel. Il gère le garage du régiment.

Etant titulaire d’un Certificat d’Aptitude Professionnelle de dessinateur industriel, - comme votre serviteur au même âge - il donne aussi des cours de dessin industriel aux martiniquais.

A son retour du service militaire, il retourne chez Peugeot toujours à Sochaux-Montbéliard.

Pendant deux années, Jean-Marie va suivre une formation de technicien de garage, visant à lui confier un poste de chef d’atelier dans une grande succursale Peugeot.

Au moment où il termine cette formation, son oncle, Monsieur Ferry, de l’entreprise Ferry-Mougin l’interpelle : « veux-tu venir travailler avec moi et t’occuper de notre parc poids-lourds ? »

Jean-Marie revient à Vesoul et de 1966 à 1980, pendant une quinzaine d’années, il va s’occuper des camions de l’entreprise Ferry-Mougin. Mais parallèlement, il créé une activité de transports avec un ami.

En effet, en 1973, il avait obtenu une attestation de capacité à l’exercice de la profession de transporteur routier.

Il achète des camions et embauche des chauffeurs. Lui-même travaille dans son entreprise le soir, le samedi, le dimanche et parfois la nuit.

« On démarrait le vendredi soir pour Marseille, (après la journée normale de travail de l’époque), on descendait pendant la nuit, on chargeait là-bas et on revenait dans la journée du samedi. Ca tournait bien ! ».

A côté de l’entreprise Ferry-Mougin, il y avait l’entreprise Gibaud qui s’occupait des véhicules diesel, et des pièces détachées.

Lorsque Monsieur Gibaud rencontra des soucis de santé, il contacta Jean-Marie Euvrard.

« Viens travailler avec moi et reprends mon affaire ».

Les premiers contacts avec les banquiers furent difficiles. C’était déjà ainsi à cette époque !

Défiance, recherche de garanties, de cautions…, finalement, une banque plus attentive décide de lui faire confiance…

Jean-Marie laisse alors sa boîte de transports. En 1980, il entre chez Hubert Gibaud, garagiste et négociant en pièces détachées automobiles, comme adjoint de direction et il achète tout. C’est la naissance du groupe « Euvrard »

En 1984, il devient Gérant puis Président du Conseil de surveillance de la SA Euvrard, il occupe toujours cette fonction.

En 1984, il devient Président Directeur Général de la SA Vesoul Electro-Diesel, une société spécialisée dans le négoce de grosses pièces détachées automobiles et dans la réparation de voitures légères et Poids-lourds, poste qu’il occupe encore.

En 1985, il achète Dijon Electro-Diesel et en devient le Président Directeur Général, et cela jusqu’en 1995.

En 1990, il achète la SARL Damois et Melleker (magasin de pièces détachées automobiles à Montbéliard et Belfort). Il en est toujours le gérant.

En 1993, il achète la SARL INOTEC, menuiserie PVC à Vesoul, dont il restera gérant jusqu’en 2005.

Il achète aussi AUTO COLOR à Châlons sur Saône, une Société qui fait de la peinture, mais considère finalement que cette entreprise est trop éloignée de ses bases haut-saônoises.

En 1993, il devient gérant de la SARL SOVEPAC à Arc les Gray – Il est toujours en fonction.

Il a aussi assuré la reprise, en association, de Diesel électric à Thise et le rachat de « Pièces Auto Baumoises » à Baume les Dames.

Depuis 1995, il est gérant de la SARL Dauvelle Poids Lourds (société de dépannage sur autoroute à Clenay (21).

Depuis 1999, il est aussi Président Directeur Général de l’établissement « Langres Pièces auto » (52).

Il a aussi créé une salle de gymnastique à Vaivre, qui lui appartient toujours, et désormais il conseille le gérant.

En 1978, il est le président de la Jeune Chambre Economique où il coopère avec Monsieur Jacques Herblot, adjoint de Pierre Chantelat.

De 1989 à 1993, il sera aussi conseiller Prudhommal.

Depuis une trentaine d’années, il est membre titulaire de la CCI dont il devient le Président au moment de la fusion des CCI de Lure et Vesoul-Gray.

Il soutient la cause d’un très grand nombre d’entreprises, préserve les équilibres et réussi la construction du Parc des Expositions de la Haute-Saône, grâce à sa très grande pugnacité.

Il est administrateur assidu d’Action 70 depuis une bonne quinzaine d’années.

Administrateur de la SA HLM puis d’Habitat 70, produit de la fusion de la SA HLM avec l’OP HLM, qu’il a approuvée et facilitée.

Il est encore Commandant de la réserve citoyenne dans la Gendarmerie.

Il est père de famille. Deux fils : Arnaud né en 1973, et Paul né en 1994.

Aujourd’hui, Jean Marie Euvrard est Président du conseil de surveillance de la SA Euvrard, Holding du groupe.

Parallèlement aux entreprises, il existe encore 11 SCI, formées pour construire des bâtiments, loger les sociétés du groupe et louer des logements.

Son grand-père (à Antibes) lui a insufflé les valeurs de notre République, il lui a appris la patrie, la nation…

Son oncle Albert Ferry lui a beaucoup parlé des entreprises, de la CCI (il en avait été membre et vice-président),

Le tournant, c’est Hubert Gibaud qui l’a provoqué ! Jean Marie dit de lui « c’était un passionné, il m’a appris et conseillé, ça a été une chance de l’avoir rencontré ».

Marie-Pierre venue il y a 25 ans faire un stage à VED et qui depuis est restée.

Quant elle parle de lui, c’est à peu près de la façon suivante : « C’est un homme linéaire, un cœur tendre, plein de générosité, le fils spirituel de Sœur Thérèsa et de l’abbé Pierre. Il a besoin de sentir les autres en harmonie, et quand ce n’est pas le cas, il prend une initiative en ce sens. Je ne lui connais pas d’ennemis ».

Les préfets qu’il a beaucoup fréquentés avec lesquels il a coopéré dans le sens de l’intérêt général, il les cite tous, et retient particulièrement Patrick Subremon, François Lamy, Pierre André Durand, avec lesquels il a davantage sympathisé.  Quant au préfet François Hamet, il faut attendre son départ pour en dire plus…

Il s’est lié d’amitié avec de nombreux haut-fonctionnaires que je ne citerai pas, ayant trop peur d’en oublier.

A la CCI, il est comme dans la vie, et comme dans ses entreprises. C’est un fonceur, efficace, déterminé, porteur de beaucoup d’énergie. Il agit et tranche en confiance. C’est un instinctif… qui se trompe peu ! Il n’est pas dans un esprit d’opposition, il est dans la construction. Il n’est pas rancunier.

Jean-Marie aime bien la bonne entente, cherche toujours à sortir du blocage. Il ne cherche ni les projecteurs, ni les caméras, ni les micros.

C’est un président de CCI original, très présent au côté des entreprises, il s’investit personnellement.

Il délègue facilement et fait confiance aux vice-présidents et au personnel, se cantonnant le plus souvent dans l’orientation politique.

Ai-je besoin de vous rappeler qu’il se définit lui-même comme « un homme libre ».

Enfin, j’espère qu’il n’a pas eu de trop grandes difficultés à travailler avec le Président du Conseil général, en tout cas, ça ne peut être que beaucoup plus que je n’en ai eu à coopérer avec lui.

Je le remercie pour son état d’esprit toujours positif et sa capacité à rapprocher les uns et les autres et à mesurer les situations à leur juste valeur, sans aucune démagogie.

Il a ses hobbys : sa collection de voitures, et tout particulièrement la Porche 356 de 1964, la course automobile. Il faut que je vous raconte son premier rallye avec une Alpine A 106.

Son copilote devait être son copain Jean-Yves Bacus, mais il s’avéra qu’il n’était pas opérationnel ; alors Jean Marie a embauché sa propre sœur Marguerite, comme copilote – elle ne l’avait jamais fait ! au 3ème virage, elle a balancé le calepin sur le siège arrière !

Jean Marie a pris une grande décision : « à situation exceptionnelle, mesure exception-nelle » : « on va suivre celui qui roule devant », mais il allait vite…

Dans un virage difficile, du côté de Bithaine, près d’un pont, la voiture de devant a tourné, et Jean Marie est allé tout droit dans le pré, sans toucher les piquets de parc !

Il a participé au trophée Andros en 1994 et 1995. Une passion qu’il partage avec Marie-Pierre, qui vient de participer de bout en bout au fameux Rallye des Gazelles.

Il pratique la course à pied pour entretenir la forme. Il a une nouvelle passion : son riad à Marrakech.

C’est avec beaucoup de simplicité qu’il dialogue avec les uns et les autres, qu’il apporte sympathie et réconfort à ceux qui traverse une passe difficile, qu’il aide ses collègues qui rencontrent des difficultés passagères.

Ses parents étaient très pratiquants, son papa chef scout, sa maman cheftaine des guides.

Jean Marie a été Scout, lui aussi, pendant 5 ou 6 ans, « ça m’a appris les règles et donné de l’éducation ».

Il est toujours croyant, mais son curé doit parfois lui rappeler qu’il manque souvent la messe du dimanche.

Il est extrêmement présent dans les évènements et les manifestations, toujours avec beaucoup de discrétion.

Il s’est fait une multitude d’amis. Il n’a probablement pas d’ennemis, et je sais qu’il n’a jamais rien demandé pour lui-même.

Malgré la discrétion de Jean-Marie Euvrard, la République a su reconnaître le parcours exceptionnel de ce chef d’entreprises, parti de rien, et arrivé là où vous savez, sans changer sa profonde nature.

A ce stade, je fais parler un grand chef d’entreprise du département : « Jean Marie, c’est un homme entier, il dit ce qu’il pense. Il a toujours envie de faire, il est plein d’entrain et de courage. C’est un homme de bon sens, celui de l’intérêt général, de sa ville, de son département, de sa région. Il est bien au-delà des connivences… »

Nul besoin de soutenir une personne ayant un tel parcours et ses qualités.

Aussi, le Président de la République a nommé Monsieur Jean-Marie Euvrard, Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur, au titre de la promotion du 1er janvier 2015.

Une nomination plus que méritée.

Je vous remercie de votre attention.

Texte paru dans La Presse de Vesoul du jeudi 10 avril 2015

Jean-Marie Euvrard : la Légion d’honneur

pour un "homme libre"

Le président de la Chambre de commerce a été fait chevalier de la Légion d’honneur au parc des expositions de Vesoul, son bébé.

Autant l’homme est capable de taper du poing sur la table ou de pousser un gros coup de gueule pour faire avancer le Schmilblick, autant il peut être gagné par l’émotion.

Emu (presque larmes), Jean-Marie Euvrard l’était vendredi soir au moment de recevoir, « avec beaucoup d’humilité”, sa Légion d’honneur (promotion du 1er janvier), notamment quand il a évoqué le souvenir de ses parents, mais aussi de son grand-père au contact duquel il a appris ce qu’était “la grandeur de la France et ce que le mot servir voulait dire ».

Jean-Marie Euvrard a également parlé de son oncle Albert Ferry (Claude et Bernard, ses fils, étaient présents) qui lui a permis de s’exprimer dans son entreprise de transport et d’Hubert Gibault, son « maître à penser” qui lui a donné “la passion de l’entreprise” et a marqué “un tournant de sa vie ».

Lui, « l’homme de droite » qu’il est, et comme il l’a réaffirmé, a reçu sa distinction des mains d’un homme de gauche : Yves Krattinger, président du Conseil général de la Haute-Saône.

« Comme moi, il a la passion de la Haute-Saône”, a-t-il souligné après avoir rappelé sa “grande et longue amitié pour Alain Joyandet”, actuel sénateur. Mais Jean-Marie Euvrard a aussi insisté : “Je suis et resterai un homme libre ». Ce n’est d’ailleurs pas à 72 ans, qu’il entend changer.

Cette manifestation s’est déroulée devant près de trois cents personnes réunies au parc des expositions de Vesoul, un lieu cher à Jean-Marie Euvrard qui s’est battu pour donner naissance à cette structure. On y croisait là des personnalités du monde politique et judiciaire, des salariés du Groupe Euvrard, de la Chambre de Commerce et d’Industrie, des élus consulaires, des amis, mais aussi et surtout ses proches : ses fils Arnaud, 42 ans, directeur général de la holding Euvrard, et Paul, 21 ans, qui vient d’intégrer l’entreprise en alternance, et sa compagne Marie-Pierre venue effectuer un stage à Vesoul Electro Diesel vingt-cinq ans plus tôt et qui depuis est restée. De Jean-Marie Euvrard, comme l’a rapporté Yves Krattinger, elle dit que « c’est un homme linéaire, un coeur tendre, plein de générosité, le fils spirituel de Mère Teresa et de l’abbé Pierre”. Jean-Marie Euvrard qui a travaillé à la chaîne à l’usine Peugeot de Sochaux-Montbéliard, considère que cette distinction “n’est pas un aboutissement”, mais qu’elle lui “donnera encore plus envie de donner pour les autres, de continuer à faire ce que je fais de bien et à éviter le mal que je pourrais faire ». Il a demandé à ceux avec qui il avait pu avoir des différends qu’ils lui pardonnent ! Ainsi est Jean-Marie Euvrard.

Article paru dans La Presse de Vesoul le jeudi 16 avril 2015.

 

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