Henri Larrere  
 

 

Sur le toit de la retraite

Henri Larrere vient de passer le témoin à son fils David.

“J’étais fils de charpentier, j’aurais pu m’appeler Jésus”, sourit Henri Larrere. Il n’est pas né dans une étable, mais dans l’échoppe
d’un menuisier, rue des Chenevières à Montigny-lès-Vesoul, rebaptisée depuis rue du 16-Juillet. C’est facile à trouver : sur la maison aux volets bleus figurent encore les signes cabalistiques des compagnons : un rabot, une équerre, un compas. Henri Larrere passe devant plusieurs fois par jour pour regagner son domicile.
“J’ai toujours été bercé dans le milieu du bois”, confie le tout jeune retraité, petit-fils d’un sabotier installé à Saint-Sauveur.
Son père Jean, père de cinq enfants, deux filles et trois garçons (deux son charpentiers), ancien moniteur de charpentes au centre de formation pour adultes à Vaivre, puis à Navenne, s’est mis à son compte en 1961 avec l’un de ses anciens élèves, Gaston Thomas, aux Rêpes à Vesoul. “Charpentier, c’est un métier qui évolue. On ne fait jamais la même
chose. On commence en bas de l’échelle et l’on termine patron”, dit- il. Son exemple en est l’illustration, lui qui a débuté comme
apprenti en 1966 à Arches (Vosges), avant d’être salarié de l’entreprise à partir de 1969 (“on utilisait encore la scie à main”)
et d’en assurer la gérance à partir de 1988.
“J’ai formé une vingtaine d’apprentis qui, pour certains, sont aujourd’hui à leur compte. L’un d’eux a même décroché le titre de
meilleur apprenti de France”, se félicite Henri Larrere, vice-président du CFA d’Arches et trésorier de la fédération départementale du bâtiment et des travaux publics.
“Il faut savoir passer la main, place aux jeunes”, estime Henri Larrere, qui a transmis le témoin à David, 38 ans, l’un de ses deux
fils, Laurent, 34 ans, le benjamin, travaillant également dans l’entreprise familiale.
Désormais sur le toit de la retraite, comme d’ailleurs son épouse Mireille (elle a fait sa carrière à Résinova, puis aux automobiles
Peugeot), Henri Larrere va profiter de sa nouvelle vie pour explorer davantage le fonds sous-marin (c’est un passionné de plongée).
Membre du club de l’Amitié de son village natale, “Riri” ne manquera pas d’aller taquiner le cochonnet ou de taper la belote.
Entré comme métreur en 1998, après avoir décroché un bac électrotechnique et suivi l’école de métreur charpente couverture à
Colmar, David, nouveau gérant, incarne le changement dans la continuité. “C’était écrit qu’un jour ou l’autre je viendrais travailler dans l’entreprise”, explique David, qui y a effectué plusieurs stages durant sa scolarité, avant d’y introduire l’informatique en 1995. Il a en projet de développer le bardage et l’isolation de toitures.
Le mot de la fin pour le jeune retraité : “dans notre profession, il n’y a pas de chômage pour qui veut travailler”. Chez les Larrere,
voilà quatre générations que l’on baigne dans le bois. Un métier auquel on croit dur comme fer.

Philippe COMBROUSSE Article paru dans La Presse de Vesoul du jeudi 21 décembre 2011

David Larrere, nouveau gérant, Laurent Larrere, Henri Larrere et son épouse Mireille en compagnie des salariés de l’entreprise : Jacques Clavier, Jamel, Patrice Pernot, Aurélien Thomas et Sylvie Bardet.

Henri Larrere devant la maison où il est né et qui porte encore les signes cabalistiques des compagnons.

 

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