Balade découverte par Annie Lucarz  
 

 

Balade découverte de Montigny-lès-Vesoul 

par Annie Lucarz, responsable de la bibliothèque

Organisée à l'occasion des 30èmes Journées du Patrimoine et des cent ans de protection des Monuments Historiques, j'ai choisi de faire découvrir les trésors cachés de la commune en septembre 2013.

La Maison de la Bergère sera notre point de départ

Actuellement, elle a été rénovée et abrite une salle polyvalente et la Bibliothèque dont je suis responsable bénévole.

Remarquez sur le côté d'anciennes fenêtres

 

Juste à côté, c'était le lavoir construit en 1849. Il a servi aux lavandières jusqu'à ce que l'eau arrive dans les maisons. Puis il a été abandonné, son toit détruit...

 

La bascule a été déplacée  mais elle se trouvait près du lavoir et seule la plate-forme est restée en place. Elle servait à peser des choses volumineuses telles que des charrettes de céréales.

Maintenant, dirigeons nous vers la rue du 16 Juillet 1944.

Nous passons devant le monument aux Morts pour la France en 1914-18 et 1939-45

Sur la gauche, sur le devant d'une maison, on peut lire l'inscription suivante:

«Soli deo gloria» qui veut dire «Gloire au Dieu du soleil» et la date de 1619.

En descendant la rue, sur la droite, une gravure  représente un rabot et un compas et la date de 1784 au dessus de la porte d'une maison qui devait appartenir à un menuisier.

LES CALVAIRES

Deux calvaires ont été classés en 1913, loi sur la protection des monuments historiques.

C'est vers eux que nos pas vont nous conduire maintenant.

Prenons la direction de l'église. Devant l'entrée, se trouve le premier calvaire qui date de  1592 et classé le 23 Octobre 1913.  

 

C'est une croix  de pierre de section carrée délicatement ciselée sur laquelle est fixée une plaque sculptée de quatre personnages en bas relief, aux pieds d'un ange portant la croix avec une inscription: «L'AN 1597 le 9 MAY fut posée cette croix à la dévotions de Pierre Froyterot et Jeanne Phelipe 3 sa femme».

Derrière cette croix, sont sculptés les attributs de la Passion ( instruments qui ont servi à affliger les souffrances et supplices qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus.)
Au sommet, une croix pommée de section cylindrique supporte un Christ.

Puis nos pas nous mènent vers le deuxième calvaire situé au niveau du numéro 6 de la rue de la Pérouse. Il a été édifié en 1622 devant un puits à margelle galbée et classé au Patrimoine des Monuments Historiques en 1913.

 

D'un côté, on peut voir le Christ en croix et de l'autre côté, une Vierge dont les pieds reposent sur deux têtes d'anges.

Sur un côté du socle, on peut lire cette inscription «Pierre Gally fait poser cette croix pour la réception d'habitant de François Renaudin son beau-fils 1622».
Une autre face du socle porte également une inscription mais qui est, celle-ci, difficilement lisible.

Le texte serait «Pierre ….. de Chauvigney le Vieu résident à Montigny a fait redresser cette croix 1662».

Situation de Montigny  et de son Abbaye

Nous montons la rue de la Pérouse puis nous prenons à droite la rue des Châteaux.

Nous passons devant l'atelier communal dont la date de construction figure sur la maison: 1857.

Nos pas vont nous conduire maintenant vers un site exceptionnel d'où l'on peut admirer le paysage qui s'offre devant nous.

Adossé à la colline nommée» les châteaux», face au camp de César, un camp romain qui culmine à 380 m et avoisine Chariez, Montigny ( altitude: 212m en bas, 250m rue des Châteaux) domine une prairie traversée par le Durgeon qui l'inonde quelquefois et rend la terre fertile. Il prend sa source à Genevrey, à 30 km de là.

Face à nous, au loin, la Motte de Vesoul culmine à 375m. Son sommet est orné d'un monument qui abrite  une statue de la Vierge Marie construite en 1854 pour la remercier d'avoir épargné à Vesoul une épidémie de choléra.

Si notre regard se porte vers la gauche, nous pouvons, par temps clair, apercevoir les Vosges: de droite à gauche, la Planche des belles-filles, le Ballon d'Alsace, le ballon de Servance...

Au premier plan, nous avons une vue de l'ensemble de l' Abbaye, située au «champ de Blacon», fondée en 1286 par Héloïse de Joinville, soeur de Jean de Joinville, biographe de Saint Louis, veuve de Jean de Faucogney ( elle a été veuve pendant 50 ans et a élevé seule ses trois  enfants), Vicomtesse de Vesoul, elle possédait presque tout Montigny en héritage des ducs de Bourgogne.

Héloïse de Joinville y songeait depuis 1260. C'est un choix mûrement réfléchi, certainement dicté par son beau paysage calme et reposant, propice à la méditation et à la prière mais aussi  à l'air pur et sain de ce lieu qui préservait des épidémies si fréquentes à cette époque.

           

Nous pénètrerons dans l'Abbaye par les escaliers depuis la Grande Rue. Pour y parvenir, descendons le chemin des Montants à l'extrémité du village, au bout du lotissement.

Arrivés en bas de ce chemin, nous entrons dans le village et nous pouvons observer un troisième calvaire masqué par la végétation, situé dans l'enceinte d'une propriété privée.

C'est un calvaire du 18e siècle, à colonne cannelée, portant d'un côté un Christ avec les jambes cassées et de l'autre côté, la Vierge dont les pieds reposent sur une tête d'ange.

Puis nous poursuivons notre chemin et avant d'arriver à l'Abbaye, nous rencontrons un pigeonnier.

Associé à une ferme, un hangar ou une étable, privilège réservé à la noblesse, savez vous à quoi il servait au Moyen-Age?

Les pigeons voyageurs pouvaient transmettre des messages entre les Abbayes. La lettre était attachée sous l'aile du pigeon et envoyée en double.

Puis les pigeonniers ont servi à élever les pigeons. Mais au moment des semailles, les pigeons étaient une catastrophe et il fallait les enfermer en obstruant les ouvertures du colombier.

Avant de monter les escaliers pour entrer dans l'Abbaye, allons jeter un coup d'oeil un peu plus loin sur la façade sud de la chapelle, où l'on peut admirer un petit portail style Renaissance construit en 1556 par l'Abbesse Claude de Vesoul, où l'on peut lire «O Master, Miserrere mei 1556»

Regardons la fontaine de Saint Claire

 Puis nous grimpons par les escaliers jusque dans la cour de l'Abbaye

 L'Abbaye de Montigny est une Abbaye des Clarisses-Urbanistes

C'était un ordre très strict mais adouci par le pape Urban III car toutes les  jeunes filles de bonnes familles qui y entraient,  ne se vouaient généralement pas à la religion. L'Abbaye ne pouvait exiger qu'une vie décente et pieuse sans austérité ni mysticisme.

Qui est Sainte Claire?

Née à Assise le 16 juillet 1194, morte en 1253 à l'âge de 59 ans.

Bien qu'issue d'une famille noble, elle renonce à la noblesse et à  la richesse pour vivre l'humilité.

Elle se montre très tôt attentive aux pauvres avec lesquels elle partage volontiers ce qu'elle a.

Elle obtient le «privilège de  pauvreté » par le pape en 1216 à l'âge de 23 ans.

Elle cherche aussi la solitude et le silence pour prier Dieu. Elle rencontre Saint-François d'Assise et une amitié spirituelle naît entre les deux.

Notre pape actuel a choisi de prendre le nom de François en mémoire de l'engagement de Saint François d'Assise dans le combat pour les pauvres et pour la paix.

La vie  à l'Abbaye était une vie de prière et d'abnégation bien que pour y être admises les jeunes filles devaient justifier de quartiers de noblesse ( au moins 8) d'où le nom d'Abbaye des dames nobles.

 L'Histoire de l'Abbaye

 LA PÉRIODE  de 1356 à 1686 a été marquée par une succession de ravages jusqu'à la fin du Moyen-âge ( 1453) et la fin de la guerre des 100 ans :

                        - par les ROUTIERS en 1356

                        - par les ECORCHEURS en 1437

C'étaient des mercenaires sans emploi qui, en périodes de paix, se regroupaient en bandes pour piller les villages. En effet, au Moyen-âge, lorsque le roi partait en guerre et qu'il ne pouvait se suffire de l'armée de ses vassaux, il recrutait des mercenaires. C'est ce qu'il fut fait pendant la guerre ds 100 ans ( 1337-1453).

Puis des incendies ont détruit l'Abbaye et Montigny car l'Histoire de l'Abbaye est calquée sur celle de Montigny :

–                    Le Seigneur Tremblecourt en 1595 à la fin de la guerre des 10 ans,

–                     puis un dernier terrible incendie en  1686.

 

RECONSTRUITE AU XVIIIe siècle, de 1729 à 1769, par les architectes Colombot et Tripard.

 

Chaque maison était construite aux frais de la famille. Par la suite, la maison et son mobilier se transmettaient par voie d'héritage à une nouvelle religieuse adoptée comme nièce et hébergée pour la première fois dès sa réception au couvent (novice).

Lorsqu'une religieuse mourait sans nièce, meubles et immeuble revenaient au chapitre qui pouvait alors céder gratuitement la maison à une nouvelle.

Les maisons étaient construites sur le même plan avec terrasses et jardins privatifs à l'arrière.

A l'intérieur, de vastes vestibules donnent accès à de grandes pièces très hautes où l'air et la lumière pénètrent à profusion par de larges fenêtres toutes de même dimension.

Le schéma de disposition d'ensemble des bâtiments de l'Abbaye d'après le plan Napoléonien et la cour avec la fontaine et le puits:

A l'angle d'une maison on trouve cette inscription:

«COSTE ANTOINE DELECRAY JUSTINE» 1860 

 La route du pont à trois arches qui enjambe le Durgeon a été construite en 1707 avec les deniers des chanoinesses. La régisseuse était Jeanne Thérèse Tricornot du Trembloy.

 LA VIE DES CHANOINESSES

Elles vivaient de façon autonome, prenaient leur repas indépendamment. Chacune pouvait être servie par des domestiques mais elles assuraient elle-mêmes maintes tâches domestiques.

Elles pouvaient s'absenter, recevoir, même des éléments masculins de leur famille.

Elles pouvaient se marier. Les gentilshommes désireux de marier leur fils ne s'y trompaient pas. Une épouse élevée à Montigny était gage de vertu et d'un  bon niveau culturel.

Une chanoinesse ayant  de solides connaissances était maîtresse d'école des demoiselles.

 Les chanoinesses ne se réunissaient que pour prier à la Chapelle.

 LA CHAPELLE

 

Construite en 1729.      

         

Ce qui frappe en entrant dans la nef éclairée par six grandes fenêtres cintrées, c'est le retable admirable réalisé en 1737 par les  frères Marca. Il est en stuc peint en faux marbre dans les teintes habituelles de cet atelier, noir, rose et blanc. Il tapisse le fond du sanctuaire, intégrant les portes de la Sacristie. Il est formé de 6 grandes colonnes corinthiennes encadrant une toile de la Sainte famille.

 

De chaque côté, dans les niches, on peut voir les statues de Sainte Claire sur votre droite et la statue de Saint François d'Assise sur votre gauche.

Le deuxième niveau est occupé par une image en relief de l'Assomption de la Vierge  Marie portée par des angelots dans une nuée rayonnante au sommet de laquelle deux anges présentent une couronne. Il est encadré de 4 colonnettes avec des anges de chaque côté sur l'amorce de fronton curviligne.

On peut observer une colombe

 

 sous le toit de la chaire en bois sculpté mais qui ne semble pas d'origine.

 

Après la révolution  de 1789

En 1790, les maisons furent mises en vente et quatre dames furent réduites à racheter en 1792 leur propre habitation où elles continuèrent à vivre. La dernière mourut en 1827.

 

La Chapelle a été vendue en 1906 à un brocanteur qui a vendu tout le mobilier.

C'est aussi à cette époque là que la Chapelle a perdu son clocher.

La pierre tombale d' Héloïse de Joinville a pu être sauvée et déposée au Musée Garret  de Vesoul. Héloïse de Joinville y est représentée en robe de veuve coiffée d'un long voile, les mains jointes, un chapelet pendant au poignet droit. A ses pieds, deux petits chiens dont l'un se dresse pour appeler l'  attention de sa maîtresse. On peut observer l'écu de Faucogney à droite et l'écu de Joinville à gauche.

 Le Conseil Général de la Haute-Saône décide de racheter le bâtiment en 1971.

La Chapelle est inscrite aux Monuments Historiques le 9 novembre 1994 et classée le 25 avril 1997.

 Notre visite se poursuit par la cour de l'Abbaye

 

Puis nous nous dirigeons vers l'église de la Paroisse. Nous passons à côté de  l'ancienne forge,  l'ancien atelier du maréchal ferrant

 

L'église Saint Laurent a été reconstruite en 1726. La date figure sur un contrefort représenté sur la photo. 

Elle possède aussi un magnifique retable qui tapisse le fond de l'abside.

 

-Au centre, une grande toile moderne figurant Saint Laurent encadré par des colonnes à pampres de vigne

-au-dessus, deux anges adorateurs enjambent l'entablement du corps central

-de chaque côté, des statues : Vierge à l'enfant et Saint Laurent

-dans la partie supérieure: représentation de la Trinité avec Père éternel et colombe de l'Esprit sain dans une nuée

-en bas relief, on peut voir des symboles eucharistiques: le pélican et l'agneau avec sa croix.

 

A côté de l'église, se trouve la cure où l'on peut observer les symboles représentés sur les photos

 

 

Remerciements à Zoé pour l'illustration et Pierre FAIVRE pour ses documents intéressants.

 

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