Xavier Dussaucy  
 

 

Xavier DUSSAUCY

"Pour un homme qui aura passé sa vie à penser avant tout aux autres, tout ce que nous pouvons faire pour lui aujourd’hui me semble bien peu". Le message de Quentin, l’un des amis de Xavier, a profondément touché ses parents Monique et François Dussaucy, marqués par le décès  brutal et inattendu de leur fils aîné, frappé par une crise cardiaque à Nouméa le 28 août ; il avait 42 ans.

Xavier Dussaucy était né le 19 mai 1970 à Vesoul et avait un frère, Vincent de cinq ans son cadet.

Après avoir suivi sa scolarité au Marteroy à Vesoul, Xavier avait rejoint l’école Saint-Joseph à Dijon pour y préparer un BEP maintenance. Mais très vite il avait été rattrapé par sa passion pour l’armée qui l’habitait depuis l’âge de 11 ans.

Engagé dans la marine à l’âge de 19 ans, il avait d’abord été affecté à Brest avant de rejoindre Toulon. Missilier-artilleur, il a parcouru trois tours du monde à bord du porte-avions Jeanne D’arc et participé à de nombreuses campagnes à la Réunion, en Guyane et en Nouvelle-Calédonie. La carrière de cet homme au pied marin avait été ponctuée par une période sur terre, à Creil, au service des renseignements maritimes. Ses brillants états de services, notamment lors de la guerre du Golf lui avaient valu de nombreuses décorations.

De retour à la vie civile en 2008, Xavier Dussaucy était venu travailler  durant deux ans au sein de l’entreprise familiale de BTP installée au Rêpes à Vesoul avant de concrétiser un projet qui lui tenait à cœur : retourner en Nouvelle-Calédonie où il travaillait comme technicien dans une entreprise de charpente métallique.

Collectionneur d’objets, passionné de plongée sous-marine, cet homme au caractère jovial, Xavier Dussaucy dévorait la vie à pleine dents. Une fois par semaine, via le net, il aimait converser avec ses parents et son frère, installés à Montigny-lès-Vesoul.

Le corps de Xavier Dussaucy reposera à partir du jeudi 5 septembre en après-midi aux pompes funèbres Jeanmougin à Vesoul. Les obsèques ont été célébrées samedi 8 septembre à l’église de Montigny-lès-Vesoul.

A ses proches, la municipalité adresse ses sincères condoléances.

Franck Hattenberger, ami de Xavier Dussaucy, a lors de la cérémonie rendu hommage à son ami :

Hommage à Tonton Xavier,

Lorsque je regarde en arrière, je constate que déjà le temps est passé depuis ce jour fatidique du 29 Août, jour marqué à jamais
par une tristesse d'une ampleur insondable. Notre ami, notre frère s'en est allé laissant pour longtemps, une plaie restée béante par
la douleur de son absence.
Je m'adresse à vous au nom de mes camarades de Nouvelle Calédonie, profondément meurtris par la disparition de notre ami et au nom de ma petite famille dont il était devenu depuis bien longtemps un membre à part entière. Pour résumer les liens qui nous unissaient, ma fille lui demanda un jour qu'elle était son nom de famille, convaincue d'une réponse qui n'a d'explication que dans la vision simpliste d'un enfant. Elle fut extrêmement surprise d'apprendre que Xavier ne portait pas le même patronyme que le nôtre mais surtout déçue que ce tonton si attachant ne soit pas mon frère de sang.
Il y aura désormais un avant et un après 29 Août et je te remercie, homme au grand coeur, d'avoir su me maintenir si longtemps dans l'illusion d'être moi aussi resté un enfant. Grâce à toi, je ne suis devenu un adulte qu'à 40 ans et je pleure à vos côtés, la violence de ce déchirement.
En 1997, Xavier débarqua en Nouvelle-Calédonie avec une vie déjà riche en aventures, habitué qu'il l'était à parcourir le monde sur
la Mer Océane.
Marin de la Royale il découvrit la plongée avec une bouteille sanglée dans le dos. Il se passionna dès lors pour la diversité de la faune sous-marine, capable de rester de longues minutes à observer un poisson-clown autant que de s'aventurer seul dans le grand bleu pour suivre un requin-marteau de trois mètres. C'est ainsi que je fis sa connaissance à une vingtaine de mètres sous la surface du Pacifique. Mais c'est à l'air libre qu'il se révéla à nous comme un homme hors du commun, un monument à lui tout seul, coupable de transformer chaque instant en un torrent de rires et d'insouciance. Il était l'étincelle, le chaînon qui manquait à nos vies pour qu'elles s'engagent en un instant, sur une voie dont mous ignorions l'existence, celle de la fraternité.
Et cette vie dura deux ans, partagée entre les incursions sous-marines et les apéritifs qu'il fallait ingurgiter pour s'en donner le courage. C'est à cette époque que je découvris avec lui ce que voulait dire l'amitié.
Nous étions déjà frères et nous le serions toujours. Mais l'appel de l'océan et surtout celui du devoir se firent entendre.
Dans un déchirement notre ami repartit vers le large, vers ces horizons dont nous ne connaissions que les noms.
Embarqué sur le porte hélicoptère Jeanne d'Arc, il visita les cinq continents avec un appareil en bandoulière, toujours à l'affut de
quelques clichés de bateaux, d'avions ou de blindés. Fort de ses connaissances sur le matériel militaire, acquises à la seule sueur
de ses lectures, on créa pour lui un poste à sa mesure. Chaque jour, il présentait aux officiers, un briefing sur la situation,
séances qui devinrent à bord une véritable institution. Et trois ans plus tard, lorsqu'il débarqua à Alexandrie, le briefing
disparut avec lui. Xavier fit alors connaissance avec la Guyane Française, terre hostile, chaude et humide ou contrairement à beaucoup, il ne fut pas déporté. Il aima ce territoire ou il fit avec la Légion Etrangère quelques incursions en forêt profonde pour surveiller les frontières nationales. Durant ces nombreuses années, notre ami accomplit avec conviction, les missions qui lui furent confiées.
Pour l'avoir si bien connu, je peux témoigner combien son pays, notre pays, peut être fier d'avoir compté dans ses rangs un serviteur d'une si grande qualité. Car Xavier aimait profondément son pays, la France.
Et les couleurs dont il est aujourd'hui recouvert sont bien la preuve de cette reconnaissance.
Après avoir tant de fois couru le monde et sondé la température de bien de pays, il choisit enfin la terre ou il voudrait durablement
s'établir, celle de Calédonie. Il revint parmi nous au début de l'an 2008. Avec un talent qu'il était de loin le seul à maitriser,
il nous conta ses voyages et ses aventures. Ses récits tenaient autant de L'Iliade et l'Odyssée que des histoires du Capitaine
Haddock mais toujours nous l'écoutâmes avec passion.
En quelques semaines, il trouva du travail et ceux qui croisèrent son chemin, reconnurent en lui le monument dont parlait la légende.
En homme toujours humble et courageux, il fit son trou à la seule force deson travail. En garçon volubile et timide, direct et généreux, il ne tarda pas à s'entourer d'amis sincères. Avec Xavier, il n'y avait pas de place pour la demi-mesure. Il avait compris mieux que beaucoup combien les faux semblants sont une perte de temps et combien la vie défile à une allure qui nous dépasse. Xavier vivait et nous le regardions car il avait choisi d'être un homme libre, affranchi des apparences et des ragots, engagé sur
la voie du libre arbitre. Il demeure le seul homme que je n'ai jamaisentendu se plaindre, convaincu avant l'heure que l'existence est un bientrop précieux pour le ruiner en complaintes
Il y a peu nous avions repris goût à la plongée avec l'acquisition d'un bateau et il ne se compta que peu de weekend end sans une visite aux profondeurs de notre lagon. A cet endroit ou celle qui allait devenir mon épouse te sauva la vie à quarante mètres sous l'eau, ta présence demeure pour toujours et me voilà aujourd'hui chargé d'expliquer aux poissons que leur papa s'en est allé. En quatre années de présence sur le Territoire, tu as tissé des liens indestructibles et forgé des amitiés qui sont aujourd'hui perpétuelles.
Beaucoup ont perdu un être cher et unique, ma fille pleure son tonton et moi l'alter ego de notre vieux couple. La vie ne m'a pas offert de frangin mais je sais désormais ce que c'est que de perdre un frère.
Depuis 10 jours nous pleurons pour expurger cette tragédie mais je préfère verser un flot de larmes que de ne pas t'avoir connu. Avec ta voix de stentor, tu nous a enseigné la simplicité et la rusticité. Ton rire tonitruant va résonner longtemps à travers le Monts Koghi. Il colportera la gentillesse et la générosité qui te caractérisaient tant. Ta pudeur t'interdisait de livrer tes sentiments les plus profonds mais nous savionstous combien tu nous aimais.
A notre tour mais la gorge serrée et le cœur en berne nous te le rendons et du haut de ton éternité sache que nous t'aimerons toujours.
Puisque ton corps n'a pas pu soutenir tant de grandeur, tu continueras à vivre dans nos cœurs, toi notre ange-gardien.Au revoir Frère, Fils, Ami ou Tonton; nous nous retrouverons mais dans bien longtemps...

 

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